tortue terrestre géante des GalápagosÀ chaque fois qu’on arrive sur une île des Galápagos, ou qu’on en parte, il y a fouille avec pose de scellés sur les sacs pour les trajets entre les îles. Des fruits, des graines, c’est la chasse aux espèces invasives, ainsi qu’aux animaux. Un Allemand s’est fait prendre avec deux iguanes marins dans ses valises : 5 ans de prison… À notre arrivée en avion, il a fallu attendre une bonne heure pour passer le contrôle, ça a été presque plus long que l’avion… Il faut aussi s’acquitter d’un droit d’entrée : 100 USD à l’arrivée, après ça dépend des îles, c’était 5 USD sur Isabella.

jeune lion de mer se grattant le flancPour aller d’une île à l’autre, toute une flottille de navettes circule tous les jours, deux fois par jour. Honnêtement, c’est pratique (25-30$ chaque trajet) mais vraiment pas agréable. Ce sont des pousse-couillons, comme disent les voileux, avec 3 moteurs de deux cents chevaux à fond tout le long, et une quinzaine de places sans rien de prévu pour l’ombre. Il faut bien 2-3 heures, à 50 nœuds, pour rallier Santa Cruz de San Cristobal et encore 2 heures pour atteindre Isabella. On ressort avec les oreilles explosées et on rate tout sur le chemin, alors que les eaux des Galápagos regorgent de vies.

 

Pélican prenant son envolMême à cette vitesse, on peut voir, ou du moins apercevoir pas mal d’animaux. Les oiseaux déjà, qui passent, qui pèchent, qui planent et plongent, j’adore les regarder. Pélicans, frégates noires avec une grosse gorge rouge, les fous à pieds bleu, plein d’autres que je ne connais pas, même les petits qui ressemblent aux moineaux, mais avec des couleurs ! Soit tout noir (pinsons?) ou encore jaune plein de nuance (canaris). Même mes oiseaux ne sont pas farouches, vraiment pas, du coup on peut les admirer vraiment.

Île de la tortue, inhabitée, près de Isabeella, GalápagosSur l’eau, j’ai aperçu plusieurs bancs de dauphins venant vers nous. Mais ils ne sont pas venus jouer autour de l’étrave comme je les ai vu les faire avec les voiliers. J’ai vu une raie manta, les plus grandes, dos noir et ventre blanc, faire un salto dans l’air. Le temps d’attraper le bras de Juli pour qu’elle regarde, une autre ou la même faisait un autre salto. Waouh. Et on a aussi croisé une tortue, tête hors de l’eau, qui a suivi le bateau des yeux l’air de dire : « ils sont fous ces humains ! ». Les tortues l’emblème du slow life ! Les tortues ont un regard scrutateur, mélange d’expectative et de crainte. Impressionnant que des animaux autant sans défense aient pu survivre si longtemps – 4 millions d’années ; autant pour la théorie du marche ou crève, les tortues ont quand même acquis un grand sens du mot paix. Non ?

Enfin tout ça pour dire qu’un bateau plus calme, genre catamaran, aménagé pour une traversée d’une journée où on prend le temps de regarder, casse-croûte et baignade, pour rallier une île à l’autre, ce serait pas mal..

Chemin allant sous les granches arrondies de la mangrove, Isabella, GalápagosCoucher de soleil, plage d'Iaabella, Galápagos

Trois iguanes sur un chemind e sable, Isabella, GalápagosIsabella est l’île habitée la plus grande et parmi les plus sauvages. L’arrivée n’est pas très jolie, il y a un grand chantier qui défigure le paysage. En revanche, le débarcadère est charmant, eaux turquoises, mangrove et plages autour. Un manchot a fait son petit effet à filer entre les bateaux amarrés et les pieds des pontons. Les paysages de l’île sont très sauvages et très variés, beaucoup de mangroves, de petites plages, volcans et grottes. Pour les vagues et la plongée, je crois que c’est le top. La ville est assez étendue, toute en sable. La plage est immense et sauvage. Les résidents qui vivent là font du business, et le font plutôt bien, mais quand j’ai demandé à plusieurs d’entre eux s’ils sont heureux de vivre dans ce « petit paradis », la majorité a fait la grimace. Les natifs paraissent plus contents. Pour émigrer aux Galápagos, le plus facile est de se marier, même pour un Équatorien du continent. Beaucoup de gens de Guayaquil, la métropole de la métropole ; et d’un peu partout, de la Colombie au Canada, d’Europe aussi. Les jeunes en tout cas ont plutôt l’air heureux, surtout s’ils sont surfeurs. Je pense que tous les enfants font du skateboard et s’entraînent tous les jours – enfin pas sur Isabella, il n’y a pas de pistes.

Groupe d'iguanes marins posant le long de la balustrade d'une terrasse, Isabella, GalápagosGoyavier recouvert de filaments de champignons noirs, Isabella, Galápagos

arbre mort agrémenté de bouteilles d'alcool vides décorant un coin de terrasse au murs blancs, ciel et mer bleus dans le fondL’ambiance de l’île est baba-cool chic, on joue au volley et on boit sur la plage – et on peut trouver des chambres à 15 dollars. Le matin sur la plage les pélicans font leur toilette, les iguanes posent, des oiseaux partout, des flamands roses – un peu triste les flamands roses dans une marre plutôt très polluée – et les tortues géantes se baladent sur le chemin du jogging… La partie haute de l’île mélange quelques résidences plutôt chics et des fermes, et il y a quelques communautés, notamment près du volcan Sierra Negro. Là-haut, c’est envahi de goyaviers couverts de franges sombres comme autant de voiles funèbres, et, avec le gris des nuages et la fraicheur de l’air, on change d’ambiance par rapport à la chaleur des côtes.

 

Le soir c’est tranquillement animé, ça papote beaucoup, beaucoup d’échanges. D’autant que nous étions là au moment des élections avec interdiction de boire de l’alcool sur la voie publique, bars et restaurants compris, du vendredi soir au lundi matin… C’est vrai dans tout le pays. Enfin sur Isabella, ça n’a pas été trop contraignant.

Fleur rouge à base jauneplage d'Isabella, avec maison rose et végétation au loin, Galápagos

Flamboyant, dans les rues de Santa Cruz, GalápagosÀ Santa Cruz, c’est un autre décor. C’est la ville la plus moderne, la plus chic, rue pavées et verdure, boutiques et restaurants classes et créatifs. C’est là qu’on s’éclate, rues remplies de terrasses de restaurants populaires, forum avec scène de spectacles et sono, boites. Je trouve que c’est la plus belle (des trois) pour ce qui est des paysages. La baie, la couleur de l’eau, les cactus à tronc lisses et dorés, les flamboyants, les fleurs. Las Grietas c’est une grande faille dans une trainée de lave, eau cristalline, mi mer mi douce, idéale pour se rafraîchir et pour y aller, on traverse un paysage de terre rouge, de pierres de lave et d’arbrisseaux verts et autres cactus. Ils ont l’art des chemins de ballade… Dans un autre genre, il ne faut pas rater la Tortuga Bay, une plage magnifique, féérique ( !) au bout d’une petite heure de ballade, immense et, tout au bout, une piscine tranquille entourée de cactus et mangrove. Vraiment je m’attendais à être enchantée, mais pas à ce point ! Alors oui peut-être féérique, si beau, si tranquille, si tranquillement vivant.

Port de Santa Cruz, GalápagosCactus à tronc lisse, Santa Cruz, GalápagosPlage de Tortuga Bay, Santa Cruz, GalápagosCoucher de soleil avec cactus, Santa Cruz, Galápagos