fou à pieds bleus, GalápagosJe ne suis pas une grande plongeuse. Autant j’adore être sur l’eau, dans l’eau, mais sous l’eau, mmm, me sens pas à l’aise. Les bouteilles je trouve ça super stressant. J’ai failli me noyer de fatigue il y a une dizaine d’années avec palmes et tuba, et depuis… Je me limite au masque. Après cette expérience éprouvante, je me suis beaucoup améliorée question natation et c’est maintenant un vrai plaisir de nager dans la mer, après les piscines parisiennes.

Nager aux Galápagos, c’est comme nager dans un aquarium. Je ne parle même pas des spots renommés : los Tuneles, el León dormido, des îlots d’où les gens reviennent avec des étoiles dans les yeux, même les locaux, qui y vont avec toujours autant d’enthousiasme. Espadons, requins marteaux, raies manta, que sais-je…

Sur quelques plages, en particulier à San Cristobal, c’est déjà un ravissement. Alors natation tous les jours…

pausage de végétation sèche, muro des las lagrimas, Isabella, Galápagos

Iguane marin, GalápagosLa Playa Mann, au pied de l’université, c’est une petite plage de ville avec le bar de Carlos au fond à gauche et une petite colonie de lions de mer qui occupe le bord de l’eau de l’autre côté. Beaucoup d’enfants jouent là, pour le Carnaval c’était la grande fête, le jeu étant de se peinturlurer le visage et le corps les uns les autres avec les mains remplies de peinture – agressif et brutal.. Bof. La plage est face à la zone d’ancrage, avec les bateaux au loin. L’eau est vraiment calme, les vagues mourantes, c’est idéal pour nager. Au départ, il y a des rochers couverts de végétation et abritant un tas de poissons. Mes préférés sont des poissons noirs, avec des grosses lèvres jaunes et des yeux très bleus, comme maquillés. Un peu plus loin, il y avait toujours un grand banc de poissons, assez gros et très nombreux, argentés avec des rayures bleu clair et les extrémités jaunes ; très paisibles, avec de grands yeux. Se retrouver au milieu d’eux, d’un coup, c’est toujours une belle surprise. J’y ai vu des raies aussi, noires avec des pois blancs, de bien un mètre d’envergure, qui volaient sous l’eau avec leur corps en forme d’ailes.

Arbre avec des racines peintesCanari sur une branche

Lion de mer, plage de San Cristobal, GalápagosRegarder les lions de mer évoluer dans l’eau est un vrai plaisir. Leur corps ressemble à l’ultime stade du vertébré avant le poisson, ou dans l’autre sens ? Leur squelette est très proche du nôtre. Leur posture c’est un peu la position basse quand on fait des pompes : la poitrine au niveau des poignets, les bras pliés, mains ouvertes en éventail, tournées vers l’extérieur et les jambes tendues, liées jusqu’aux pieds qui eux s’écartent à la Charlot. Leur nage est d’une agilité ! ils filent dans l’eau. Ils sont aussi fascinants que les dauphins, mais on ne les approche pas pour nager : ils n’ont pas beaucoup d’empathie pour les humains.

falaise et éboulis de pierres de lave, San Cristobal, Galápagos

Pélican prenant son envol, au bord de la plage

Bancs de plage avec auvent et décoration rastaUn peu plus loin, sur le chemin il y a la plage Punta Carola, où vont pas mal de surfeurs. La plage est grande et se termine par une longue jetée de pierres de lave où se cassent les vagues. À la pointe, il y a un phare rouge et blanc. La mer est beaucoup plus agitée et la visibilité n’est pas très bonne mais c’est rempli de tortues marines. Animaux fascinants, avec des nageoires qui ressemblent parfois à des ailes du fait de leurs mouvements gracieux, qui sortent de cette grosse carapace toute ronde, mastoc. C’est très déroutant. Elles nagent à l’économie, se laissent déplacer par les vagues, elles mangent la tête en bas, avec ce corps compact qui flotte comme un gros ballon au bout de leur cou et leurs quatre nageoires déployées qui stabilisent l’édifice. J’en ai suivi une qui repartait vers le large, mais un lion de mer m’a fait comprendre que là, c’était leur territoire et que je n’étais pas la bienvenue, j’ai pas demandé d’explications.

Mouette à yeux rouge au bord d'une falaise devant la merÉnorme fromager vue de bas

Pélican au bord d'une plageMa plage préférée est de l’autre côté de la ville, la Lobería. Grande plage avec un chemin qui remonte les coulées de pierres de lave, habitées de vieux iguanes, jusqu’aux falaises où sont nichés ces mouettes aux yeux maquillés de rouge. Leur cri est incroyable : une série de hoquets suivi d’un cri strident, le bec grand ouvert, un cri digne d’un film d’horreur. C’est aussi là que j’ai vu le fou à pieds bleus, il était juste en dessous de moi. Cette façon qu’ils ont de se laisser tomber des falaises m’a donné envie de m’envoler.. Dans une autre vie, j’espère que je serais un oiseau !

La plage s’enroule en une petite anse avec un long éboulis de roches de lave qui fait comme une jetée et protège le lagon. L’eau est toute tranquille, avec juste assez de profondeur pour nager sans frôler les roches sous-marines. Et là, c’est comme le restaurant.

Côte avec végétation au premier plan

Iguane marinLe plus chouette ce sont les tortues : pour chacune, c’est à chaque fois au moins une dizaine de poissons de toutes sortes qui virevoltent autour de leur tête et de leur carapace pour attraper les miettes des algues qu’elles arrachent des roches. C’est comme un ballet, et il y en a de toutes les couleurs. Une raie aussi, de la même espèce que celles de la Playa Mann. J’ai nagé longtemps avec elle, sa tête a comme un museau à la manière d’un renard, le dessus noir, le dessous blanc. Plusieurs poissons la suivaient se tenant sous elle, dont un très gros avec le front bombé, blanc bleuté. Il récupérait de gros morceaux de je ne sais quoi, noirs, que la raie recrachait, et les plus petits autour de lui récupéraient les autres restes… Au retour vers la plage, j’ai pu voir un iguane nager. Il faisait comme des longueurs et tournait dans une nouvelle direction lorsque j’approchais trop près. Je n’ai pas pu voir sous l’eau. À la surface, sa tête ronde sortait de l’eau, dodelinant à droite à gauche, un peu comme s’il pédalait.

arbre gigantesque avec femme pour la démesureTête et âttes avant d'une tortue géante terrestreMuro de las lagrimas, Isabella, Galápagos