fou à pieds bleusQuand je suis arrivée en Équateur, j’ai discuté avec une voyageuse qui se payait le séjour de sa vie aux Galápagos. C’était quelque 2000 dollars pour peut-être 5 jours, en croisière. Je me suis dit que ça n’allait pas être possible pour moi.. Et finalement, voilà le plus chouette inattendu de l’année : Juli, chez qui je séjourne à Guápulo, donne un cours aux Galápagos, et elle m’a invitée à l’accompagner. Nous sommes donc parties 4 semaines ! Séjourner à l’université a été quasi gratuit, et on s’est baladées en long week-end sur deux autres îles. Le rêve !

port de San Cristobal, Galapagos

Oui, beaucoup m’ont dit que ça les faisait rêver. C’est en effet un endroit assez unique, encore tellement sauvage et ces animaux, sauvages eux aussi, qui nous entourent, c’est tellement sympa. Petite parenthèse : bien que les Galápagos soient connectées, il a été absolument impossible de charger, ni même d’ouvrir overblog de là-bas, d’où mon « long » silence. Mais je vous promets plusieurs posts, parce que là-bas, aux Galápagos, on en prend plein les yeux !

tortue géante terrestre des Galapagos

mouette aux yeux maquillés de rougeAlors, pour être brève, les Galápagos, c’est un archipel d’une vingtaine d’îles au large de l’Équateur, dans l’océan Pacifique, entourées d’une centaine d’îlots. Elles sont pile poil sur la ligne de l’équateur, à 1200 km du continent. Ces îles ont été ignorées de l’humanité jusqu’au milieu du XVIème siècle, ce qui fait que sa faune et sa flore ont été préservées. D’abord des pirates y ont trouvé refuge – et décimé quelques espèces de tortues géantes terrestres. Darwin y est venu en 1835, et des observations qu’il y a faites, il a proposé la théorie de l’évolution. Les îles ont été réellement colonisées depuis 1950, environ 25 000 personnes y habitent et quelque 185 000 touristes y viennent chaque année. Seul 3% du territoire est occupé, réparti sur une petite partie de 5 îles. Tout le reste est un parc national.

 

coucher de soleil vue de l'universtié, San Cirstobal, Galapagos

jeune lion de mer à moitié recouvert de sableTant les terres que les mers sont patrimoine naturel de l’humanité, réserve de biodiversité et sanctuaire des baleines. Il y existe plus de 7000 espèces, dont 3000 espèces marines. Ça foisonne de lézards, de papillons, d’oiseaux, de poissons, de tortues… Depuis 1998, une loi garantit la conservation et le développement soutenable de la province. La conservation implique de limiter le plus possible les espèces introduites et invasives qui déséquilibrent l’écosystème initial : les muriers et les goyaviers ; les chèvres ont été décimées il y a quelques années ; les chiens et les chats sont tolérés mais très surveillés car ils tuent les iguanes et les bébés tortues ; rats et autres souris mangent les œufs ; et je ne sais pas tout…

pélican sur la plage d'Isabella, Galapagospélican faisant sa tolette, plage d'Isabella, Galapagos

lion de mer dormant en rondNous avons séjourné principalement sur San Cristobal où est la Capitale de la province, Puerto Baquerizo Moreno. L’université est au bout de la ville, avec la playa mann juste en face (yeah man !). C’est une petite université hein ! Il y a une soixantaine d’étudiants principalement des États-Unis qui vivent chez l’habitant pendant un semestre, et des formations aussi bien sûr pour les locaux, des cours d’anglais et de Business Administration – j’ai été invitée à faire une petite intervention sur l’innovation et l’économie, on a fini par parler décroissance et développement soutenable – toute la problématique de la loi de conservation ici c’est de faire du développement soutenable.

bouton de fleur d'hibiscus roseJ’ai aussi accompagné les étudiants et Juli dans les visites de la « parte alta », la partie haute de l’île où sont les fermes. San Cristobal est la seule île où il y a de l’eau douce, dans le cratère d’un volcan. Seulement, il pleut de moins en moins. J’ai visité une agroforesterie où est produit le café des Galápagos. C’est un endroit magnifique, une forêt en fait, avec une très belle invasion de plants de caféiers, remplie d’oiseaux, de moustiques et de guêpes. En maintenant la diversité forestière autour des caféiers, on assure une compétition naturelle entre les insectes, ce qui évite les attaques des plants, et les arbres fournissent par ailleurs de l’ombre ainsi qu’un engrais naturel, bref production bio garantie – les Galápagos ne connaissent pas les pesticides et autres engrais chimiques, conservation oblige. Seulement les caféiers sont une espèce introduite qui, disait l’administrateur, ne comprend plus rien au climat et les récoltes sont de plus en plus minces et aléatoires.

Pélican faisant le beau, plage d'Isabella, Galapagoscoucher de soleil sur la playa Mann, San Cristobal, Galapagos

crabe monté sur un poteau de bois, ciel bleuIl y a pas mal de fermes et d’haciendas pour se mettre au vert dans la parte alta, ça peut aussi être ça les Galápagos, en dehors des croisières. D’autant que les plages ne sont jamais très loin. Et les plages sont toutes très sauvages : les seules installations qu’on y trouve, sur Cristobal, c’est le rack à surf, en bois, et un immense parasol de la police… Sinon, sable blanc, entouré de pierres de lave et de buissons de pomme vertes (qu’il ne faut surtout pas touchés, tout est venimeux), on ne croise pas grand monde. Mais on y rencontre toujours au moins un lion de mer qui dort dans un coin ou les iguanes marins.

Previous Image
Next Image


 

iguane marin vu de dos, sur une plage des GalapagosLes iguanes marins, c’est la préhistoire près de chez vous ! Ils sont, dit-on, les plus anciens habitants, une bagatelle de 4 à 5 millions d’années. Ils sont vraiment tranquilles. En fait, ce sont des animaux qui adorent poser : seuls ou en groupe, ils peuvent rester des heures – vraiment – sans bouger, la tête dressée, l’air fier, campés sur leur pates avant. Quand ils traversent la plage, ils font une dizaine de pas et puis s’arrêtent plusieurs minutes et prennent la pose, regardant sur le côté. Puis ils repartent, tranquilles, pour s’arrêter dix pas plus loin. Quand ils marchent, ils roulent des mécaniques, leur corps tout en longueur danse, avec leurs épaules rentrées qui avancent l’une après l’autre. Et leur longue queue suit le mouvement laissant une trace sinusoïdale sur le sable.

groupe d'iguanes marins en pose, Isabella, Galapagosiguanes marins, Isabella, Galapagos

À me balader sur les chemins de plage, j’ai fait quelques rencontres qui m’ont bien fait sursauter. Les iguanes se fondent complètement dans le décor, ils ne bougent pas, pas même leurs yeux. Ça donne quelques surprises, et même quand on ne les voit pas, ils crachent ! Il n’est pas rare d’entendre des crachats le long des chemins qui viennent des buissons voisins. En revanche, quand j’arrivais derrière eux, ils se mettaient à courir. Ils ont une course très mécanique : leurs pattes, indépendantes du reste du corps, s’activent alors que, de la tête au bout de la queue, tout reste immobile. Comme un serpent sur pattes.

Iguane marin reposant sur une pierreiguane marin, San Cristobal, GalapagosIguane marin, San Cristobal, Galapagos