forêt avec ciel surexposé et très lumineuxVoilà bien du temps qui a passé depuis mon dernier texte… J’avoue avoir été un peu coupée dans mon élan entre le vol de l’ordi et de l’appareil photo qui m’a laissée sans voix ni yeux et l’hébergeur qui m’a pris mon blog en otage – et il a fallu changer de présentation ; difficile aussi de prendre de la distance après Kingston, d’avoir des choses à écrire sur le voyage quand le voyage ne ressemble plus à rien..

C’est la fin d’une première étape, d’un premier chapitre qui m’a emmenée à travers l’océan jusque dans les îles des Caraïbes. Un voyage de mers, de soleil, de chaleur, rempli de musiques et de couleurs. Les cultures caribéennes sont toutes fortes, tellement différentes, tellement isolées. Avec l’Espagne pour départ, ç’aura été une année hispanique, tout à fait hors-norme, un peu folle.

L’agression de Kingston marque comme une sorte de climax. J’ai tenté de vous l’écrire plusieurs fois. Mais je ne sais pas comment. Il y a un moment dont je n’arrive pas à me souvenir – comment mon agresseur a repris le couteau que j’avais réussi à prendre. Il ne me reste que cette sensation que je vais mourir. Mais non, il n’était pas prêt à ça. Finalement, rien n’a été grave…

 

Harlem-125th-station-NYC dia-beacon-beacon-ny poughkeepsie-station-ny

N’empêche, il s’est installé comme un grand vide, avec cette question : qu’est-ce que tu fais là ? Être victime au bout du monde, loin de sa famille et des amis, c’est être bien seule. Les voix au téléphone prennent beaucoup de valeur. Et puis, skype est là et même si on ne peut pas se prendre dans les bras, se regarder dans les yeux, ça fait déjà un bien fou. En dehors de l’écran, les rencontres de voyage sont parfois décevantes parfois très enrichissantes. Dans les coups durs, c’est une peu la même histoire. Sauf que les déceptions font plus mal. Et puis, la bonne fée apparaît et tout le monde redevient gentil ! Mes trois dernières semaines en Jamaïque ont été comme Alice au pays des merveilles, sans la reine de carreau. En partir a finalement été très difficile.

The park in Goldeneye Resort, next to Ian Fleming cottage,with colourfull chairs vieux papillon paysage d'une alléd partant au loin, sous des arbres rassurants

Certes, j’aurais pu rentrer. Mais c’était donner à une bande de jeunes voleurs le pouvoir de changer le cours de mon trajet. Et bien non ! Je n’avais même pas encore atteint le continent ! Il est vrai que depuis, il m’est difficile de trouver ma route. Il m’a fallu du temps pour comprendre que cela n’a peut-être pas grand chose à voir avec Kingston. Ce serait oublier les détours qui ont précédé la traversée de l’Atlantique et les aléas des bateaux. La vérité est que je ne sais pas encore comment aborder ce continent…

J’ai découvert dans mon voyage le plaisir du nomadisme. Ce mode de vie fondé sur le déplacement, motivé par la recherche de « nourritures ». Ça prend forme doucement dans ma tête.. Juste continuer à aller de l’avant, en s’arrêtant là où on se sent bien, jusqu’à repartir. Il faut être à l’écoute, entendre la parole des autres voyageurs, attentive aux occasions qui se présentent, aux rencontres.